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France-Reçus par le ministre, les lycéens appellent à poursuivre leur mouvement
information fournie par Reuters 02/10/2026 à 20:50

(Actualisé avec Nuñez, Glucksmann)

Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray a tenté de calmer la mobilisation dans les lycées en France en recevant vendredi les représentants de syndicats étudiants, qui ont fait part de leur déception et appelé à poursuivre leur mouvement.

Tout en se désolidarisant des violences ayant éclaté en marge des blocages d'établissements, ils ont appelé à des rassemblements mardi 6 octobre et seront rejoints par plusieurs confédérations syndicales dont la CGT.

S'exprimant devant la presse à l'issue des réunions de la journée, Edouard Geffray a dit espérer que les manifestations ne seraient pas "contaminées, confisquées, prises en otage par des gens qui n'ont rien à faire des lycéens".

Le ministre de l'Education nationale a précisé que 735 établissements dont une petite centaine de collèges avaient été perturbés vendredi, "soit 30% de moins" que la veille. Il a également déclaré que trois personnels de l'Education avaient été la cible de violences, contre 31 la veille.

Plus de 400 lycées sont restés fermés vendredi.

Edouard Geffray a égréné plusieurs mesures visant à répondre aux revendications des lycéens, qui dénoncent des conditions d'enseignement dégradées et réclament notamment des recrutements massifs d'enseignants ou une rénovation des bâtiments.

Il a promis un travail sur la démocratie et les rythmes scolaires et un plan visant à accélérer les remplacements, notamment pour les élèves de première et terminale.

Il a également défendu le lancement d'une plateforme de concertation pour recueillir les doléances lycéennes, qualifiée d'"écran de fumée" par les syndicats lycéens. "Ce n'est pas une manoeuvre dilatoire, c'est très concret", a-t-il dit, affirmant que les élèves seraient "entendus" et "crus".

1.747 INTERPELLATIONS

Interrogé sur TF1 vendredi soir, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé 1.747 interpellations au cours de la journée, contre un peu moins de 2.000 la veille, et plus de 5.000 interpellations au total depuis lundi.

Selon lui, des "violences urbaines" ont été recensées vendredi aux abords de 158 établissements.

Parti le 21 septembre de l'académie de Créteil (Val-de-Marne), le mouvement a pris de court le gouvernement qui juge "légitimes" certaines revendications tout en condamnant le recours à la violence et l'instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l'élection présidentielle.

Jeudi, l'entourage de Sébastien Lecornu a imputé l'origine du mouvement à "LFI et ses proxys de l'ultra gauche", pointant un moment de bascule de la contestation vers des "violences urbaines", sur la base d'informations des services de renseignement français.

Le coordinateur du mouvement de gauche, Manuel Bompard, a rétorqué que le manque de personnels dans le lycée Saint-Exupéry de Créteil était à l'origine de la contestation, renvoyant sur l'exécutif la responsabilité de la fronde lycéenne et estudiantine.

"D'un certain point de vue, s'il doit y avoir un proxy (...) il est à Matignon et il s'appelle M. Lecornu car c'est lui qui est responsable de cette situation. C'est les gouvernements successifs qui, budget après budget, ont supprimé des postes d'enseignants, de surveillants, des équipes éducatives", a-t-il dénoncé sur LCI.

Dans une interview au Parisien postée en ligne vendredi soir, Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche et farouche adversaire de LFI, estime que "réduire le mouvement lycéen aux 'insoumis' ou à des 'manoeuvres' politiques est pathétique" et appelle le gouvernement à "cesser de réprimer" la colère des lycéens.

(Zhifan Liu et Jean-Stéphane Brosse, édité par Benjamin Mallet)

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